CLARA OU LA PÉNOMBRE

Publié le par lisette


« Le beau n’est que le commencement du terrible »
RILKE


L’adolescente est nue sur un podium. Le ventre lisse et l’ellipse sombre du nombril se trouvent à hauteur de notre regard. Elle a le visage incliné, les yeux baissés, une main devant le pubis, l’autre sur la hanche, les genoux rapprochés et légèrement fléchis. Elle est peinte en terre de Sienne naturelle et ocre. Des ombres de Sienne foncée soulignent les seins et épousent l’aîne et la fente. Nous ne devrions pas dire « fente » parce que nous parlons d’une œuvre d’art, mais à la voir aucun autre terme ne nous vient à l’esprit. C’est une infime ouverture verticale sans trace de duvet. Nous faisons le tour du podium et contemplons la silhouette de dos. Les fesses brunies reflètent des grappes de lumière. Si on recule, son anatomie semble plus innocente. De petites fleurs blanches lui tapissent les cheveux. Il y a d’autres fleurs à ses pieds, une flaque de lait. Même à cette distance, nous percevons toujours l’odeur si particulière qu’elle dégage, semblable à celle d’une forêt parfumée par la pluie.
Un panneau indique le titre « Défloration »…

Début du premier chapitre de CLARA ET LA PÉNOMBRE de José Carlos SOMOZA
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Publié dans LIVRES

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Y
Bonjour Lise,Ta planète magnifique et d'une grande richesse culturelle !Son orbite en croise d'autres au gré des vents cosmiques, et aujourd'hui c'est la mienne qui me permet de me poser quelques instants chez toi.Amitiés sincères à toi et merci beaucoup de ton passageYVES
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L
Oh merci Yves, je devrais sortir plus souvent de ma coquille, je croisAmitiés
C
là je me sens nu comme tes vers , brusquement !c'est trop bon la preuve , Jean rougit !
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L
Il y a de quoi ! et pourtant c'est si délicatement ditAmitiés Cactus
S
j'aime bien le style ! Surtout que je ne connaissais pas du tout ! Merci pour cette découverte et bises pour la peine !
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L
C'est un livre très étrange, recommandé par Arthémisia, il commence dans l'étrangeté et la poésie, mais se termine en roman policier. A lire....
B
le titre correspond bien avec la description .si je peut me permettre , puisque vous n'avez pas trouvé d'autre terme que fente , j'aurais peut-être mis issue ou ouverture , mais c'était juste une petite parenthèse.bisousbero
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L
Béro, il faut tout lire, c'est une citation, je ne dois et ne désire rien y changerAmitiés
A
Le corps oeuvre d'Art, cela est un sujet courant . Mais Somoza nous propose ici un nouveau regard sur le corps objet d'Art, un regard où il mèle la beauté, et l'extraordinaire, la recherche d'une l'esthétique parfaite, et une terreur sous jacente. Ce livre est bien plus qu'un roman : c'est une interrogation. Bravo pour ton choix littéraire, Lise!bisesarthi
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L
Tout d'abord, il est d'une écriture très poétique, qui adoucit l'étonnement et la crainte qui arrivent à pas de loup.On s'interroge (comme tu dis) sur le sens de ces oeuvres, complètement déshumanisées, et , dociles esclaves, vivant cet état de dépendance et de souffrance avec une certaine volupté........On pense aussi à la dépendance dans laquelle peuvent vivre certains, attendant tout de l'autre, conjoint(e) ou patron, évitant de penser.....