LE VIEIL HOMME AUX CHATS

Il ne vous regardait jamais vraiment, mais toujours suffisamment pour ne pas vous oublier. Ses paupières étaient lourdes et donnaient au regard une profondeur, quelquechose d'intense.....le poids des jours sans doute, qu'il avait peine maintenant à porter.
Ses yeux étaient gris-bleu, comme le ciel en hiver. Il vous souriait, mais sa bouche restait figée.
Je l'avais rencontré dans la rue, un jour où mon âme était en balade et comme ça, par curiosité, je l'avais suivi.
Son pas était lent, mesuré, sage, mais sa chevelure lui donnait un air bohème, de son long corps courbé émanait un magnétisme.
Il n'alla pas loin. Je le vis s'arrêter devant une petite porte à moitié rouillée, perdue dans un mur de pierres mangé par le lierre. Il était dense, rampant, dévastateur, il me semblait même le voir louvoyer entre chaque pierre....tel un serpent. La vieille porte poussa un cri de douleur et elle soupira avant de se refermer sur moi.
La végétation était opaque et je sentis mon ventre se nouer, j'haletais.
De toutes parts, de nulle part, des chats accourraient, félins, doux, le jardin chantait, le jardin miaulait. Il me semblait le voir bouger, se frotter contre moi de contenntement.
De son manteau, il tira un paquet qu'il défit lentement, ses mains noueuses étaient malhabiles mais fébriles. La horde s'élança bruyamment sur le paquet enfin dénoué. Il les regarda un court instant, puis se dirigea lentement vers le seuil de sa demeure, elle sermblait respirer du plus profond de ses entrailles, d'un souffle rauque, lointain.
Un claquement froid et je me retrouvais seule dans ce jardin abandonné à la végétation victorieuse et à une horde de chats affamés

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